mardi 21 octobre 2008

Tranche de vie

Après deux ans de loyaux services à la résidence Newtown en tant qu'assistant à la préparation des déjeuners, il était devenu la mie de tous les matins. Celui qui gagnait sa croûte pour seulement quelques miettes a rendu l'âme hier. À force de se tuer à l'ouvrage à des températures très élevées, il a finalement été victime d'un coup de chaleur qui fut fracassant comme un éclair. Qui aurait pu prévoir qu'une tranche de pain de sarrasin aurait raison de lui? Il était pourtant si jeune...
La direction regrettera la perte de cet employé modèle, d'une grande intelligence (on disait de lui que ce n'était pas une tête brûlée). Même si son départ inattendu en a surpris plus d'un, son remplaçant a déjà été trouvé. Ce dernier avait postulé en avril dernier, mais il n'y avait pas de travail disponible à ce moment-là, et sa candidature avait été mise de côté temporairement. Après avoir passé l'été à se faire griller, il est maintenant prêt à prendre la relève.
Afin de respecter son testament, la dépouille sera incinérée et les graines seront déversées dans de la margarine B-Selles. Pour une dernière fois, nous faisons donc un toast en son honneur.

dimanche 19 octobre 2008

Merci, mais pas aujourd'hui

Un pied devant l'autre, en continuité, pendant une journée complète. Dans quel but? Atteindre le sommet de la montagne la plus polie des Adirondacks : le Mont Marcy. 9 heures de randonnée en compagnie de Mme Limpide et Mr Whitecap, ça use les souliers et ça stimule l'appétit au même rythme. Peu importe, le moral est bon, et comble de bonheur, il augmente avec l'altitude. Ce n'est pas un endroit pour les lapins chigneurs, car toute l'énergie de chacun doit être utilisée à bon escient. Après environ 3 heures de marche, le sommet aux arbres givrés se pointe enfin le bout du nez. Il reste encore 2 heures avant de pouvoir crier victoire et lui grignoter le petit côté sucré. Quelques photos de la vue panoramique, on apprécie la récompense visuelle que nous offre ce gros rocher, mais il ne faut pas s'attarder trop longtemps car on doit redescendre. La prudence est de mise afin de ne pas trébucher sur la glace... oups, trop tard! Rien de cassé... rien, sauf un ongle. C'est alors que Mr Whitecap décide de faire la même chose... résultat : une éraflure au genou. On n'en fera pas une montagne, puisqu'on est faits forts et que ce n'est pas quelques goutes de sang qui ralentiront cette lancée incroyable. Heureusement, aucun ours n'a été rencontré, car l'ambiance n'était pas à la violence en cette belle journée d'automne hivernal. Le retour fut complété de justesse avant l'arrivée de la noirceur. Par chance, car les ampoules aux pieds n'auraient pas été très efficaces pour éclairer le chemin.

samedi 4 octobre 2008

Virée aux "States"

Après une journée complète sur l'interstate et la traversée de Boston à la pluie battante, le Chevy Chase New England Tour, édition tou-taw-zen-eit est maintenant lancé. En voici les points saillants:

Difficile à trouver, le Wompatuck State Park, même après deux soirs. C'est peut-être pour cette raison qu'il n'y a presque personne. Mais puisqu'on est hors saison, cessons d'élaborer toutes ces théories inutilement. Un conseil pratique: en terrain inconnu, fiez-vous à Goût-Gueule Nappes pour les indications. Elle vous serviront à ne pas arriver en retard pour le souper, et ainsi éviter de passer en-dessous de la table.

Boston est comparable à un labyrinthe. Un beau labyrinthe par contre. Assez bien pour l'auto, mais conçu pour les piétons. Il est difficile de s'y retrouver, mais il est agréable de s'y perdre. Si on suit la ligne rouge, en en voit de toutes les couleurs. Visite de quelques croix et squelettes, consécration du chien au rang de star locale, et c'est le temps de déguerpir avant que le parcomètre ne nous chasse.

C'est reparti vers le sud, à la recherche du soleil, dont la présence fût timide durant toute la journée. Arrêt à Plymouth, au camping où il est interdit de brûler du bois acheté ailleurs. "Faire un feu de camp, c'est un privilège, pas un droit!", nous dit le règlement. Fuck le règlement! Un délicieux souper aux chandelles à la citronnelle (du boeuf bourre-guignol) et une bonne braise pour se réchauffer, il n'y a rien de mieux. Même s'ils n'acceptent pas les cartes de crédit ni inter-craque, ce n'est pas grave parce que leurs tables à pique-nique sont vraiment solides.

Un gros 50 cents investi dans le département de la propreté, un déjeuner de camionneur, et la route nous mène au bout de Cape Cod. Bain de pieds dans l'Atlantique et souper sur la plage. Ça fait du bien de s'asseoir et relaxer un peu. Dommage qu'on ait oublié la télé, car notre emplacement de camping est équipé du câble.

Après deux jours à rôder au Rhode Island, qui pourtant n'est pas une île, il faut commencer à penser à peut-être retourner vers le nord. On peut dire que la providence nous a donné du beau temps ces jours-ci, mais il faut bien revenir à la maison éventuellement. Traversée du Vermont vers Montréal. Coucher au pied d'une station de ski alpin, par un froid qui nous rappelle l'arrivée prochaine de l'hiver. Le temps file, et la soirée est passée en un coup de vent.

On traverse la frontière... c'est le temps de dire merci et au revoir à l'oncle Sam. Nous reviendrons sûrement le visiter, même s'il pose trop de questions, et ce dans un langage qu'on ne comprend pas tout le temps.

Quant à Chevy Chase, il s'est très bien comporté mais sera au chômage pour les 6 prochains mois. Ce sera l'occasion pour lui de subir quelques chirurgies esthétiques et ainsi faire peau neuve. Souhaitons-lui bonne chance, et à l'année prochaine, vieux routier!