lundi 28 avril 2008

Chroniques new-yorkaises

Premier matin...
Après un trajet d'autobus rempli de monde et de noirceur, nous voici enfin au coeur de la Big Apple, (ou en bon français: la grosse pomme), en ce vendredi matin. C'est le temps de temps d'enlever une pelure, car la journée s'annonce chaude. Après une visite à l'Édifice de l'État de l'Empire, notre état empire car la fatigue nous gagne. Huit heures de route nocturne et la rencontre de sympathique douaniers, ça use les neurones mais à une heure on aura notre chambre. En attendant, c'est la détente à Bryant Park, le temps de siroter un café glacé de chez Stabeurck. La grosse vie sale à l'amaricaine.

Un peu plus tard...
Après tergiversations et erreurs de la part du personnel hôtelier, nous prenons possession de notre chambre avec superbe vue sur un mur de briques de teintes variées. Ça tombe bien, car après avoir vu Central Park, on finit par se lasser des espaces verts et des lilas en fleurs. Un petit verre dans un pub, pub besoin de plus, et une sieste bien méritée, c'est l'idéal pour des cons pressés qui veulent tout voir.

Le lendemain...
Après un bon souper et 12 heures de sommeil, le samedi s'offre à nous et la ville nous déroule ses trottoirs dans toute sa grandeur. Il n'en tient qu'à nous d'y user nos semelles au hasard de nos pas, en autant qu'on se mêle de nos affaires. Il fait chaud sur Broadway, mais un peu plus frais à Ground Zero, c'est la saison qui est comme ça. Les cafés Stabeurck sont de bons endroits pour marquer notre territoire, ce que nous faisons à mesure de nos déplacements et des divers liquides ingurgités. L'occasion était bonne pour un peu de shopping, mais Madame trouva l'aubaine miracle sur la 34e rue, à la toute fin de l'après-midi.

Samedi soir...
Après un petit tour à l'hôtel pour les préparatifs, nous sommes de retour dans les rues, métamorphosés. Tel deux big shot new-yorkais, nous allons rejoindre les amis pour une croisière et un souper, gracieuseté des nouveaux mariés. Un peu d'attente sur le quai, mais rien de grave sinon qu'il faut surveiller les balles de golf qui dévient de leur trajectoire. Tout compte fait, il vaut mieux se tenir loin d'un terrain de pratique, aussi bien clôturé soit-il. C'est l'heure de l'embarquement. Avec nous tous, la croisière s'amuse et la liberté nous envahit malgré notre statut de touristes. L'eau a coulé sous les ponts, mais il est préférable de rester sur le pont si on veut revenir bien secs au restaurant. Une belle soirée avec nos nouvelles connaissances, une petite marche vers l'hôtel et un dernier dodo au son de la ville qui ne dort jamais.

vendredi 18 avril 2008

La petite nouvelle

Le printemps vient de se pointer, mais il n’arrive pas seul. Avec lui s’amène une nouvelle résidente dans le quartier, attendue depuis quelques mois déjà. Afin de bien s’acclimater à la vie de banlieusarde, elle séjournera d’abord à la Maison-Blanche pour un stage d’environ 6 semaines, avant de s’installer définitivement dans le secteur. Mais elle devra réussir toutes les épreuves qui lui seront imposées par le Président, qui pour cette fois ne lui laissera pas le choix. Elle devra prendre l’habite... l’habitude du travail bien fait et éviter les scandales en tous genres... j’en reparlerai une autre fois.
Une formation multidisciplinaire lui sera offerte, abordant différents sujets tel que l’entretien de la piscine sans tourner en rond, l’utilisation d’une souffleuse à neige à 7h le matin (si les conditions le permettent), le débouchage de toilette à mains nues (elle en aura marre de tout ça), et la survie en haie de cèdre (c’est drôlement instructif). Sans oublier l’ultime test d’orientation méga-extrême, au cours duquel elle sera abondonnée au fond du terrain et devra en parcourir les 5000 pieds carrés à la recherche de la maison. Tout cela sans boussole ni GPS, avec comme seule référence un certificat de localisation datant de 1973, très endommagé.
Tout sera mis en oeuvre pour juger le potentiel de notre candidate, mais elle devra maîtriser la situation si elle veut réussir. Car les imprévus se dresseront sur son chemin à la moindre occasion. Le cri des tondeuses sauvages viendra-t-il à bout de sa patience? La musique des voisins affectera-t-elle sa tranquillité d’esprit? Sera-t-elle attaquée par la Chauve-souris? Réussira-t-elle à traverser la rue sans se faire frapper par un jeune à la casquette à l’envers, dépourvu de tout sens civique? Des questions auxquelles nous aurons les réponses dans les semaines à venir...
Alors, es-tu prête, ex-citadine? Si t’as dit non, ça commence mal parce que tu devras dormir dehors sur un banc, lieu préféré des sans-abris. Tu mérites mieux que ça...

dimanche 13 avril 2008

Sortie culturelle

C'était fort réussi pour une soirée-spectacle bénéfice. Sir Wilfrid Laurier et la Reine d'Angleterre étaient là entre autres, un peu froissés par tant de familiarités, ainsi que l'ours, qui n'avait pas l'air d'être là seulement pour boire du caribou. Il y avait beaucoup de monde, surtout des hommes au banc d'essai, de fins observateurs venus sortir les gros billets pour encourager de pauvres femmes qui peinent à joindre les deux bouts. Certaines font tellement pitié qu'elles n'ont même pas de vêtements. D'autres souffrent telllement de malnutrition qu'elles doivent se manger entre elles. Pas facile de vivre au sein de la métropole, cet environnement malsain qui s'imprègne chaque jour du poids de la misère et qui ne simplifie vraiment pas la vie de ces cinquante saintes créatures. C'est pour cela qu'il fallait un investissement massif. Un participant a même proposé l'érection d'un monument en leur honneur, mais on ne peut pas s'permettre ça. Aucune d'entre elles ne va geindre, mais l'une d'entre elles a déclaré: "Nous ne sommes pas là pour festoyer, car il faut s'impliquer". Et saloperie du temps, mais rien ne s'améliore pourtant, puisque la soirée s'achève déjà. Une barre de chocolat et un morceau de papier à main pour la route, nous sommes prêts à rentrer... à la maison évidemment. Heureusement que Peaks était là pour nous ramener sains et saufs, parce que nous n'étions pas assez solides sur nos pieds pour éviter les trous, à moins de s'écarter suffisamment, mais c'est à ce moment là qu'on craque et qu'on enfile dedans, les jambes en l'air. Parce que quand on veut voir des poules, il faut s'attendre à visiter leur nid.

jeudi 10 avril 2008

Générosité involontaire

Un casier sans cadenas, disparu, abandonnant tout ce qu'il contenait. Tout sauf l'essentiel: mon identité. Perdre la carte (ou plutôt les cartes) et la notion du temps... quoi de pire? Un nom qui disparaît, des numéros à la merci d'une main malhonnête. Qui a bien pu faire ça? Que s'est-il passé? Des questions qui resteront sans réponse, malheureusement. Non, il n'est jamais agréable de se faire voler quelque chose, aussi minime soit-elle.
Une fois que tout est réglé, on passe par-dessus, mais la méfiance augmente. Achat d'un plus gros cadenas, renouvellement des diverses cartes... remplacement de la montre suisse et la vie suit son cours.
Ce n'est souhaitable à personne, sauf peut-être à ce lâche qui s'en prend aux honnêtes gens. Le destin se chargera bien de le punir. Peut-être qu'il s'empoisonnera avec la nourriture achetée avec ma carte de crédit. Ou encore la montre se déréglera, il arrivera en retard à un rendez-vous qui bousillera sa carrière, perdra son emploi et sera ruiné, sa femme le quittera et ses enfants le renieront, il devra vivre dans la rue et sombrera dans l'alcoolisme, et un jour la police le retrouvera dans une ruelle par un froid matin d'hiver, inanimé, les veines tranchées avec une bouteille de vodka cassée... Non, c'est stupide! Il recommencera probablement avec d'autres, s'enrichira et s'achètera une grosse maison, roulera sur l'or et non en Fodge Léon, ne paiera pas ses impôts et vivra de l'aide sociale sous plusieurs noms. Et pour ce coupable, le casier du vestiaire ne deviendra jamais judiciaire.

lundi 7 avril 2008

(Publi-reportage)

Le Newtown Grill - Une entreprise bien de chez nous...
Après avoir dormi au gaz durant tout l’hiver, il est enfin de retour dans les parages. Oui, c’est bien vrai : le poêle barbecue a repris du service depuis le 6 avril dernier, après un long séjour de presque six mois dans le garage. Assis entre deux chaises pendant tout ce temps, il commençait à s’ennuyer de l’animation estivale du patio, qui fonctionne "à planche" lors des journées ensoleillées. De plus, Bobonne a sorti les bonbonnes et leurs valves valent vraiment la peine d’être dévissées.
Comme l’an dernier, l’accueil se fera sur invitation seulement, mais bien entendu vous avez le droit de vous inviter. C’est d'ailleurs ce qui a fait la renommée de notre établissement. Déjà nous prévoyons qu’une bonne brochette d’invités franchira notre clôture dans les prochains mois.
Des morceaux de viande à faire saliver le plus baveux des voisins, une odeur attirante pour quiconque circule sur la rue, des burgers à faire rougir de honte n’importe quel clown américain… bref, un incontournable pour tous les sens (sauf le toucher, peut-être, mais chacun ses goûts...). Sans oublier Louis, car ce dernier aime bien entendre siffler les saucisses "all-dog" à qui on inflige des brûlures au 2e degré. Un menu qui variera à chaque semaine, passant des classiques patates aux innovations Newtownesques qui ne sont même pas encore à l’étape de conception. La croustade aux pommes fera peut-être un retour en force, à condition que le monsieur du gruau Quicker puisse être des nôtres mais c’est Réal, son patron, qui décide. Un choix de repas végétariens sera disponible pour les légumes, des portions réduites pour les petits appétits, et si vous préférez manger des graines ça peut s’arranger en autant qu’on sème.
Tout ça au Newtown Grill, dans un estomac près de chez vous…

samedi 5 avril 2008

La Chauve-souris

Est-ce qu'une chauve-souris peut vivre au grand jour, à la clarté? On dirait que oui, du moins dans mon quartier. D'un pas précis et calculé, l'air sérieux et décidé, elle sort de son sous-sol et parcourt la rue jusqu'à l'arrêt d'autobus, armée de son fidèle parapluie qui lui tient compagnie lors des orages, mais aussi lorsqu'il neige. Une chance qu'elle porte un manteau noir, parce qu'en hiver elle se ferait ramasser par la gratte, c'est certain: son teint blanchâtre lui permettrait de se confondre à merveille avec les falaises de neige. Normalement, on dirait qu'elle est "blanche comme un drap", mais puisque les miens ont un motif à carreaux bleus et blancs, l'expression ne fonctionne pas. Et tant mieux, parce que des draps blancs me feraient trop penser à elle, et chaque nuit serait cauchemardesque rien que d'imaginer qu'elle m'enveloppe d'un sommeil profond, m'étouffant de ses os rayés comme des côtes sans chair.
Chaque jour de la semaine, et parfois même les samedis et dimanches, elle se rend au centre-ville, probablement pour y travailler à la Croix-Rouge. La couverture parfaite pour une vampire à l'apparence inoffensive. Si c'est le cas, elle est sûrement affectée au département des tests de sang. Assoiffée d'hémoglobine, elle peut ainsi faire des heures supplémentaires, car c'est une question de survie. Il faut bien payer l'épicerie, non?
Sinon, on peut supposer qu'elle travaille dans une banque et passe la journée à déchiqueter du papier. Ou encore qu'elle lèche des timbres en quantité industrielle, ce qui aurait fait en sorte que sa bouche ne puisse plus ouvrir.
Il y a de ces gens qu'on ne connaît pas, et pour lesquels on peut imaginer toutes sortes de scénarios possibles. Probablement qu'on fait erreur dans 90% des cas, mais il reste quand même une possibilité de détenir la vérité. Dans le cas ci-présent, il faudrait réussir à la faire rire: on verrait enfin si elle a des dents normales... En fin de compte, je pense que ça ne m'intéresse pas de le savoir. Après tout, elle ne fait mal à personne. Et je préfère éviter le trouble, on n'est jamais trop prudents.