vendredi 2 octobre 2009

Maison Sucrée Maison

Ah, que d'aventures! Le périple est terminé, et somme toute très réussi malgré les quelques inconvénients mécaniques. Résumé des derniers jours...
Avant de repartir vers le nord, un autre arrêt au garage afin d'entailler l'érable qui poussait à l'intérieur de Chevy Chase. Mettons que ça sentait le sirop de poteau là-dedans! Campement pour la nuit au Caledonia State Park, près de Gettysburg en Pennsylvanie. Des toilettes et douches datant probablement de la Guerre Civile, avec en prime des araignées présentant une reconstitution de la bataille de Gettysburg. On ne sait pas laquelle a régné sur l'autre, mais la perdante a sûrement essuyé toute une défaite! Le tout se déroule pendant que vous êtes confortablement assis sur le bol, papier-cul en main. Pour conclure cette visite, pourquoi pas un tour guidé en autobus, beaucoup plus instructif. Le tout accompagné de pleurs d'enfants exécrables... ils auraient fait de bons projectiles lors des affrontements. Et que dire de leur mère, dont le derrière aussi large qu'un canon de l'époque, aurait pu faire d'énormes ravages. Impossible d'y échapper, elle passe et cogne en un seul mouvement... ça "fesse", si je peux me permettre! Pour la dernière nuit de camping, arrêt au Hickory Run State Park, quelque part en Pennsylvanie. Soirée magique près du feu... les regards qui scintillent, les flammes qui frétillent et la lune qui brille. Une dernière journée de route, toute en musique et dans la bonne humeur. L'absence de chauffage et de clignotant à droite, ainsi que la perte de contact satellite momentanée de Virginie n'affectent en rien l'objectif de la journée : revenir au pays avant qu'autre chose ne lâche. Pour ajouter au plaisir, l'arrivée se fait avec un enjoliveur en moins, perdu on ne sait où. Pour ceux que ça intéresse encore, les dernières douches utilisées étaient gratuites. Si on fait un bilan des trois dernières semaines, on peut dire que ce n'est pas cette dépense qui aura fait défoncer le budget.

mercredi 30 septembre 2009

28-29 septembre : Luray, VA

Arrivée sur l'heure du dîner à un camping surplombant les collines. On mange 1 sandwich jambon-fromage-moutarde-mayonnaise, 1 restant de salade de pommes de terre Made in North Carolina, 9 olives (ou peut-être 7, mais c'est difficile à dire... finalement, je pense que j'en ai mangé 11... en tout cas!). Les montagnes sont partout autour, mais l'activité du jour se fera sous terre, dans les profondeurs des Luray Caverns. Impressionnant ce que la nature peut faire, il y a même du pavé uni et une rampe pour handicapés! Wow! Étant encore capables de marcher, nous décidons de consacrer la journée du lendemain à la randonnée dans le Shenandoah National Park. À la fin du sentier, on devrait contempler une chute de 93 pieds, selon ce que nous dit le petit livre à 2$. La chute est plutôt silencieuse, mais la vue est splendide. C'est l'occasion de faire quelques exercices de diction: "Les chutes de Shenandoah sont-elles sèches, ou archi-sèches? Elles sont asséchées!" Peu importe, retournons au camping pour nous doucher, là ou l'eau chaude est à volonté!

lundi 28 septembre 2009

27 septembre : Staunton, VA

Here comes the sun! Le soleil est de retour! Après plusieurs miles sur l'Intersate 81, on bifurque sur le Blue Ridge Parkway, genre de terrain de jeu pour conducteurs en mal de promenade du dimanche. Ça monte, ça descend, ça tourne et ça sent le frein qui chauffe. Des points de vue magnifiques et ce, de chaque côté de la route. Arrêt pour la nuit sur un camping pas trop loin de l'autoroute. Les douches sont gratuites et vraiment propres, on se croirait chez IKOA. Par contre, on passe notre tour pour cette fois... Vive la négligence!

26 septembre : Marion, VA

Déjeuner en bordure de la rivière, avant de quitter ce site si tranquille. Sur la route, il pleut. Très fort. Un brouillard terre-neuvien : impossible d'y échapper. Le Hungry Mother State Park nous attendait, impatient à l'idée d'engloutir deux nouveaux touristes. Constatant notre non-obésité, la mère affamée fut déçue de voir arriver deux Québécois tout mouillés. Un ruisseau devenu rivière au point de peut-être déborder, de la pluie en abondance et des douches gratuites, mais non essentielles, grâce à la contribution de dame nature.

samedi 26 septembre 2009

25 septembre: Asheville, NC

C'est au son d'une charmante petite rivière (et quelques coupes de scie circulaire) que ces lignes se font écrire. Les canards nagent et me dictent le texte : "corner-corner-corner"... euh, OK on va laisser faire. Donc, lever à 7h ce matin et départ 45 minutes plus tard. Arrêt-déjeuner au panthéon du gras, le Waffle House (c'est le vrai nom)... hummm! Et en plus, ça fume à l'intérieur! Bon appétit! Mais il faut manger, car ça prend des forces pour traverser la Caroline du Nord d'est en ouest. Les Appalaches sont belles, et on n'a pas "la chienne" dans les montagnes, bien au contraire. J'oubliais: les douches sont gratuites, et il y a un code pour y accéder: 0819. Non seulement on est propres, mais en plus on entraîne notre mémoire... Maman serait sûrement très fière!

24 septembre: Sealevel, NC

Après une journée de plage dans les Outer Banks, nous avons pris une journée pour rejoindre le continent. Deux croisières dans la même journée, pour la modique somme de 15$... pas cher, pas cher pour 3 heures sur deux bateaux différents. Repos pour tous sur le pont, avant d'aboutir à un camping-marina géré par un couple de sexagénaires ne sachant pas que le sexe ça génère des profits. Disons que l'endroit ne donne pas envie de s'envoyer en l'air. Au moins, il y a une piscine et les douches sont gratuites : une combinaison gagnante contre la peau collante!

mardi 22 septembre 2009

22 septembre : Rodanthe, NC

Une journée qui se déroule bien, on aime ça! Surtout après les aventures chevrolesques des derniers jours. Promenade dans les sentiers avant le grand départ pour la Caroline du Nord. Cinq heures de routes au soleil, avant d'aboutir à un jet de pierre de la plage, ou, devrais-je dire, à un jet de sable. Au menu pour souper : pétoncles, crevettes, courges et couscous, accompagnés d'un excellent vin blanc. Assis à la table de pique-nique, on entend la mer... on ne comprend pas tout ce qu'elle raconte... c'est un peu vague... Elle essaie peut-être de nous dire que les douches sont gratuites et que l'hygiène, c'est important. Ok d'abord!

21 septembre : Chesterfield, VA

Une autre matinée au garage pour Chevy Chase... réparation finale de ses problèmes électriques, on l'espère. Grâce aux bons soins de Shane Ross, mechanical engeneer et ex-militaire dans les US Air Forces. On n'a pas affaire à n'importe qui! Par la suite, un gros deux heures et demie de route vers le sud en direction du Pocahontas State Park. Ça tombe bien, on sent l'indien, et les douches sont gratuites.

dimanche 20 septembre 2009

20 septembre: Encore Washington, DC

Difficile de résumer autant d'aventures en si peu de lignes... alors voici la version longue de l'historique des derniers jours.
En ce vendredi matin brumeux et frisquet, la première visite prévue à l'horaire fut celle du garage, afin de faire la lumière sur les bobos de Chevy Chase. Après deux heures sur place et un café gratuit, tout est réglé et on repart, contents, en direction des vraies attractions touristiques. On marche, on marche, on voit des choses. Au Capitole, on essaie de passer incognito dans la masse de touristes, car les agents des services secrets sont partout, à l'affût du moindre geste suspect. Il faut marcher les fesses serrées, comme on dit. Retour au camping pour le souper, où nous décidons de rester pour deux nuits supplémentaires... la météo est belle, autant en profiter.
Le lendemain, c'est la tournée des parcs et monuments. Facile, il y en a de tous les côtés et pour chaque guerre, sans oublier le cimetière Arlington, dernier repos du guerrier. Partout, c'est comme au cinéma ou à la télé, sauf qu'il y a plein de touristes... c'est louche! Il faut rester méfiants... Malheureusement, nous n'avons pu rencontrer le Président Obama, trop occupé à tondre son gazon. Néanmoins, on peut dire qu'il vit dans une très belle barraque. Nous décidons de rentrer au camping en fin d'après-midi, avec en tête l'idée d'une baignade fort méritée. Mais Chevy Chase aime tellement la ville qu'il ne veut plus partir. On essaie de le convaincre, mais rien ne fonctionne. C'est alors qu'arrive la BATVAN2, suite à une séance d'épellation au téléphone. Diagnostic: "Bad Battery - Dead". Le message est clair. Notre nouvel ami nous en propose une neuve, que nous acceptons avec empressement. C'est un beau souvenir, dommage qu'ils n'en vendent pas à l'effigie du Président américain. Comble de désagréments, Virginie décide de perdre la carte. Il faut se débrouiller seuls pendant un bon 20 minutes avant qu'elle ne retrouve ses esprits et nous ramène à bon port. Décidément, les services secrets ont tout mis en oeuvre pour nous nuire.
Dimanche, journée consacrée à la détente avant de reprendre la route lundi. Promenade matinale pour le chien, accompagnée d'une session intense de "good morning" et "hello puppy". Tant qu'à être à Washington, aussi bien faire du lavage, n'est-ce pas? Aujourd'hui, rien de mauvais ne peut arriver: nous n'allons NULLE PART!

jeudi 17 septembre 2009

17 septembre: Washington, DC

Arrivée en fin d'après-midi en banlieue de Washington, après quelques péripéties dignes de notre karma habituel : perte de courant pour la glacière et pour Virginie... Chevy Chase nous "pète une fuse" et nous coupe les lumières. On s'installe pour deux jours dans ce "RV Park" situé en bordure de l'autoroute, mais c'est le plus proche de la ville. Les douches sont gratuites et ça vaut la peine d'en profiter, puisque les murs d'un turquoise éclatant s'harmonisent fort bien avec savon et shampooing.

16 septembre: French Creek State Park, PA

Suite à une visite pédestre de Philadelphia, il est temps de se rendre à l'emplacement réservé la veille, à une heure de route seulement. Alors qu'on se précipite à bord de Chevy Chase, les précipitations commencent. Heureusement, tout cela se termine au moment de notre arrivée. Belle soirée près du feu, gracieuseté des fire starters, un nouvel incontournable des vacances. Comble de bonheur, les douches sont gratuites et le préposée à l'entretien vient tout juste de nettoyer. C'est le temps d'en profiter!

mardi 15 septembre 2009

15 septembre: Ocean View, NJ

Réveil à l'heure des poules et déjeuner à l'heure des pêcheurs, sur le bord d'un lac. Direction: l'océan Atlantique, à seulement 45 minutes de route. Quelques arrêts en chemin pour dépenser l'argent gagné pendant les 49 autres semaines de l'année: essence, alcool, nourriture, ainsi qu'une glacière électrique pouvant contenir "44 cans". C'est une suggestion, bien entendu, mais ça vaut la peine d'y réfléchir. Dîner sur la plage et saucette dans l'océan, avant de retourner au camping. Les douches coûtent 25 cents, mais sont tellement modernes et propres qu'on va les encourager..

14 septembre: Parvin State Park, NJ

Après les préparatifs de base, voilà que nous décidons de mettre le cap sur le New Jersey. Une journée intense d'interstate et de turnpike, autres noms exotiques pour désigner une autoroute. Tout va bien jusqu'au moment d'élire domicile pour la nuit. Un dernier arrêt afin de faire des provisions de bois chez un vieillard, qui ne fait pas la livraison même pour un achat de 20$, mais il nous offre des concombres (probablement parce qu'il n'a plus assez de dents pour les manger lui-même). Enfin arrivés au camping convoité, c'est moche et il n'y a personne... sauf une grosse "butch" avec un "botch" de cigarette. On s'en va ailleurs et c'est là que le frigo décide de nous faire un coup fumant, la surchauffe ayant eu raison de lui. Arrêt d'urgence sur l'accotement, le "show boucane" est terminé. Un couple de curieux parlant étonnament bien l'anglais s'approche de nous, nous donne un coup de main, et nous indique un State Park tout près. Rendus sur place, il fait noir et personne pour nous accueillir. On s'installe... sans payer. L'alcool est interdit... on s'ouvre une bière! Les chiens ne sont pas admis... on en adopte un! Soirée très économique, surtout si on tient compte que les douches sont gratuites. Décidément, il n'y a pas d'excuse pour ne pas se laver!

lundi 14 septembre 2009

13 septembre: Lake George, NY

Après une journée de route tranquille à travers les Adirondacks, nous décidons d'établir le campement à Lake George, vers 16 h. On recule, on branche le courant. Et voilà! Petite baignade dans la piscine en compagnie d'enfants un peu gras et retour à la résidence afin de nous engraisser nous-mêmes : asperges, patates et steaks de bœuf Angus, une petite bière de plus et comme dessert ma blonde qui me su... qui me suggère un morceau de chocolat. Après une belle soirée près du feu, abrégée par l'épuisement du stock de bois, c'était l'heure de la marche à la noirceur, tradition établie l'an dernier, lors des dernières vacances. La douche ne coûte rien, mais le débit d'eau est faible. Pas grave, en vacances on n'aime pas avoir trop de pression.

dimanche 13 septembre 2009

12 septembre: Massena, NY

Après un détour au nord de Montréal afin d'aller parrainer un jeune Blainvillois sans défense, nous sommes enfin rendus chez nos voisins du sud... et c'est peu dire, puisqu'il n'y a que la Voie Maritime du Saint-Laurent qui nous sépare de l'Ontario. Dans la région des Mille-Iles, la vitesse se calcule en miles, il faut ralentir. Le Robert Moses State Park est un «mosus» de beau camping. Les douches sont «gratis», on va donc pouvoir rester propres une journée de plus.

dimanche 6 septembre 2009

Vacanciers... Vacances! Yé!

Les gens de notre entourage en prennent, on sait qu'on va en avoir nous aussi, on aimerait que ça passe moins vite, et quand c'est terminé on a hâte aux prochaines. Ah, les vacances! Le décompte est lancé, c'est le sprint final avant la guérison du mal qui nous ronge depuis plusieurs semaines, un grave virus que l'on nomme (voix de publicité à la radio): la vacancite aigüe. De nombreux travailleurs en sont affectés à chaque année. Les premiers symptômes apparaissent dès les premières journées de mai, et s'accentuent au fil des semaines. En août, ça devient difficile. Si les dernières vacances remontent à Noël et que les prochaines sont prévues seulement en septembre, il peut en résulter des conséquences étranges sur le comportement. Par exemple, le récit d'un collègue de travail n'ayant pas sorti de son appartement pendant deux semaines peut devenir soudainement très intéressant aux yeux du malade, alors qu'il n'en est point. Certaines personnes en viennent même à souhaiter être congédiées, afin de partir sur le champ. Mais pour ceux qui tiennent le coup, la récompense n'en est que meilleure. Meilleure qu'un biscuit pour chien déposé sur le tapis, meilleure qu'une fin de semaine de trois jours ensoleillée, meilleure qu'une toast au chee-duzwizz avec des olives vertes.

Seulement quelques dodos et 4 journées de travail avant les trois semaines tant méritées. Mais que faire de tout ce temps? Une autre virée aux States! L'occasion est bonne pour mettre à profit ce bon vieux Chevy Chase, qui fait toujours bonne figure en de telles circonstances. De la Maison-Bleue à la Maison-Blanche (la vraie, cette fois-ci!), des montagnes à la mer en empruntant chaque courbe pour se rendre à la côte, du kilomètre zéro jusqu'au dernier mille... tout cela avec l'assistance de la très sensuelle Virginie, cette ex-employée d'une ligne érotique 1-976, maintenant recyclée en voix de Gadget Pas Sûr. Elle fait tout de même une bonne "job" il faut l'admettre, car malgré ses difficultés de prononciation sur certains mots, on finit toujours par la comprendre et elle sait se faire pardonner. Il n'est plus question de faire demi-tour, encore moins de reculer (sauf peut-être pour quitter le stationnement).
Au revoir, ou comme le disaient les amérindiens avant d'embarquer dans leurs canots d'écorce: siyoussounne!

Reflets de notre patrimoine

Savez-vous d'où vient le mot "vacances"? On raconte qu'autrefois, alors que l'ère industrielle n'en était qu'à ses premiers balbutiements et que les travailleurs étaient surexploités par les patrons des grandes usines, certains travailleurs commencèrent à se révolter. Fatigués de travailler de longues heures, 6 jours sur 7, durant toute l'année, ils devenaient épuisés mais devaient garder le rythme afin de subvenir aux besoins de leurs familles. Un jour, l'un d'entre eux se révolta. Le 3 septembre 1902, le fils d'immigrants polonais Yvon Petencosh se rendit au siège social de la "Canadian Metal Works - Division Vis à tête plate" et tenta de s'expliquer avec le chef du personnel, un dénommé John S. Falconizer III. Voici le compte-rendu de l'entretien entre ces deux messieurs:
- Je m'en viens vous vouère parce que je suis fatigué.
- You need something to wear, and you are gay?
- Euh... j'ai besoin de me reposer plus qu'une journée. Plusieurs journées.
- You want to go on a journey?
- Yes, plein de journées!
- No, it's impossible, you have to work.
Ayant compris qu'il ne réussirait pas à obtenir gain de cause, Yvon se fâcha et lança une dernière phrase, en signe de défi à son interlocuteur.
- Si c'est comme ça, je m'en va! Quand ça va me tenter, je reviendrai travailler!
- See, say, come, saw, va quand ç... (il hésitait sur ces mots) You're lucky, I don't speak french! Va quand ç...
- Oui, c'est ça! Va quand ç...
La conversation se termina sur ces mots, accompagnés d'un doigt d'honneur bien haut pointé.
De retour à l'usine, Yvon raconta ses péripéties à ses collègues et se remit au travail. Quelques semaines plus tard, il participa à la fondation d'un syndicat et parmi les revendications, ils demandaient deux semaines par année à ne pas travailler, tout en recevant leur plein salaire. Ne sachant pas comment appeler ce congé, il se rappela son entretien avec monsieur Falconizer III, et les mots "va quand ç..." refirent surface. Ce clin d'oeil à l'incompréhension entre employeur et travailleur fut adopté à l'unanimité. Ils l'écrivirent sous la forme que l'on connait maintenant, et ce nom fut adopté par tous les autres syndicats par la suite. Aujourd'hui, cette signification est toujours d'actualité, puisque pendant une période de vacances déterminée, on va quand ça nous tente, où ça nous tente!

jeudi 11 juin 2009

Mr. Frototo

L'été est à nos portes, et nous amène son lot d'énergumènes tous aussi particuliers les uns que les autres. Dans la série des grands documentaires sur la faune des environs, nous vous présentons cette fois un spécimen particulier: Mr Frototo. Dès que les rayons du soleil se pointent, il sort avec une chaudière et une éponge dans le but de dorloter ses deux belles allemandes à trois lettres. Mais pourquoi posséder deux véhicules? Probablement pour être certain d'en avoir toujours un qui soit propre. On ne sait jamais quand il faudra partir d'urgence, c'est pourquoi il préfère ne pas prendre de chances. Ce serait honteux pour lui de conduire une voiture sale, et il choisirait sûrement de rester à la maison, même s'il lui fallait manquer un événement important. Comble de malchance, il ne peut pas s'adonner à son activité préférée autant qu'il le souhaiterait, tellement la météo est peu généreuse en soleil. Tant mieux pour la carrosserie, ça va moins l'user.
En attendant le beau temps, nous lui dédions cette chanson (sur l'air bien connu de STYX):

(refrain)
Touche pas à l'auto
De Mr. Frototo
Touche pas à l'auto
De Mr. Frototo
Ou tu vas le regretter...
Touche pas à l'auto
De Mr. Frototo
C'est un vrai malade mental...


Il cajole sa bagnole
Éponge, éponge, il a une éponge
Bien plus que son épouse
Éponge, éponge, il a une éponge
Mais elle n'est pas jalouse
Éponge, éponge, il a une éponge
En fait, c'est une vieille folle


J'me trouve pas mal "botte"
Surtout quand j'la frotte
Faire luire ça m'fait jouir

Une belle carrosserie
J'trouve que c'est sexy
En vert ou en gris

Quand j'vois des poussières
Ça m'donne l'urticaire
Et c'est loin d'me plaire

Une seule crotte d'oiseau
J'peux pas m'empêcher
D'y passer la langue
Y passer la langue
Faut que j'y mette la langue...


(refrain)
Touche pas à l'auto
De Mr. Frototo
Touche pas!
Touche pas à l'auto
De Mr. Frototo
Touche pas!


Pour une version chantée, veuillez svp communiquer avec notre service à la clientèle. Nous vous mettrons en attente, et vous pourrez ainsi l'entendre.

Médecine à 5 vitesses

C'était censé être un examen de routine, comme à tous les six mois. Une prise de sang et de nouvelles injections de fluides, bref rien de particulier. Et pourtant, la Souris Verte souffrait en silence, sans démontrer de symptômes visibles. Après quelques analyses, le docteur dût m'annoncer la nouvelle: il fallait lui refaire le train avant, sinon elle risquerait de ne plus pouvoir absorber les chocs. Et comble de malheur, elle aurait de plus en plus de difficulté à s'arrêter, si on n'intervenait pas immédiatement. La solution était coûteuse, mais en valait la peine. Après avoir rassemblé les organes nécessaires à la greffe, tout le personnel se mit au travail afin de remettre la bête japonaise sur ses quatre pattes le plus rapidement possible. L'opération dura toute la journée et fut assez éprouvante, mais maintenant elle est mieux "protégée".

dimanche 5 avril 2009

Héros-Dépôt

Il est grand! Il est solide! Il mesure 8 pieds de haut et 4 de large! Il est assez mince, mais qui s'y frotte s'y fait des échardes! Est-ce un oiseau? Un éléphant? Une marmotte écrasée sur le bord de la route? Non, c'est Plywood-Man!
Avec lui, vous n'ètes pas sortis du bois et c'est tant mieux! Armé de ses outils Mastercrasse, Black and Écoeure et bien sûr de son marteau magique, affectueusement nommé "L'assommeur", il transforme tous vos projets de rénovation en réalité. Voici quelques commentaires de clients satisfaits:

"J'ai fait faire une salle de bain dans mon sous-sol, et il m'a vraiment donné de bons tuyaux." - Éva Cuatiòn, Égout-sur-Mer;

"C'est un pro de la charpente, je le recommande à n'importe qui (sauf au p'tit gros dans le coin là-bas...)." - Yoland Murray, Saint-Brin-des-Scies;

"Il a réglé tous mes problèmes d'électricité, au lieu de se sauver en courant." - G. Laprise, Breakerville;

"Je me demandais c'était quoi un 2x4... ben, il me l'a dit!" - Cécile Lancieux, Nulle-Part;

Vous n'ètes pas encore convaincus? Tant pis pour vous, car il a bien d'autres clous à enfoncer par les temps qui courent. En effet, il sera le porte-parole officiel de Ma Bécosse Trôna édition 2009, émission dans laquelle un couple doit construire une salle d'eau en moins de temps qu'il ne faut pour crier "diarrhée". C'est à ne pas manquer, et comme dirait Plywood-Man: "N'écoute pas ce que disent les autres, il faut toujours visser plus haut!".

dimanche 8 mars 2009

Coureurs des bois

Par une journée hivernale au-dessus de zéro degrés Celsius, nous voilà partis sur le Sentier du hibou, désireux de découvrir les environs de Stoneham. Une chouette journée qui se déroula dans la sueur et les "tsours de bras" mouillés, mais Ô combien satisfaisante malgré la fatigue générale. Chaussés de palmes des neiges, quatres connards (oups! je voulais dire "canards"...) flottant sur la piste encore vierge se dandinaient joyeusement au son des flatulences de Yellowait Side, toujours aussi efficace dans cette spécialité. N'empêche, c'est quand même plus écologique que la motoneige et ça coûte moins cher de gaz.
Ici, tout s'appelle Hibou: sentier du hibou, ruisseau du hibou, lac du hibou, belvedère du hibou, arbre du hibou, rocher du hibou, et à mesure qu'on avance, le sang hibou. On s'est demandés où pouvait bien se cacher le fameux volatile, mais aucune réponse intelligente n'est sortie de cette discussion. Après tout, il fallait bien concentrer nos énergies au bon endroit afin d'arriver à destination. Et qui dit énergie dit nourriture, une gracieuseté de Brand Deadsaw, qui nous a fait profiter de ses contacts auprès des organismes de charité de la capitale. Malgré cette générosité très appréciée, c'est d'un pas lourd que l'expédition se termina, les pieds pesants et la "plotte à terre", comme on le dit si bien par chez nous. Ça mérite bien une petite "frette", avec alcool s'il vous plaît!

dimanche 15 février 2009

Main pleine

Un mouvement de va-et-vient qui se rapproche du corps et qui s'éloigne. Ça dure un moment, la matière est assez dure et ça perdure encore un peu. Toute l'énergie est concentrée en un seul endroit, mais il faut être économe de ses forces si on veut tenir le manche assez longtemps. Je dois adapter la vitesse au besoin, et continuer jusqu'à ce que le sac se vide. J'ai le bras mort... Aaahhh, OUI! J'ai fini d'éplucher le 5lbs de carottes!

lundi 9 février 2009

Doigt d'honneur

Par un samedi matin tranquille, météo clémente en perspective, la Souris Verte reçut une mission de dernière minute. Habituée à travailler en étroite collaboration avec la Blue Trailer Corporation, elle dût cette fois-ci se résoudre à travailler seule, la BTC ayant cessé momentanément ses activités pour l'hiver. Qu'à cela ne tienne, il y a sûrement assez d'espace pour effectuer le transport demandé sans assistance particulière. Erreur!
Arrivés au village voisin, quelle ne fut pas la surprise de voir la taille du colis à rapatrier : une véritable "armoire à glace", qu'il fallait insérer tel un suppositoire dans le derrière de la Souris Verte. Allait-elle se laisser faire docilement? Difficile à dire... mais la mine basse de celle-ci en disait long. Impossible de la rentrer jusqu'au fond, sauf qu'il fallait accomplir cette mission malgré le format imprévu. Dans un enchevêtrement de sangles et de crochets servant à maintenir en place la cargaison, aucun déplacement n'était dorénavant possible malgré le bout qui dépassait. Une tâche facile, si ce n'avait été du vent froid nous chatouillant les parties exposées. Car sans tuque, ce n'est pas chaud pour les panneaux, oh que non! Et que dire des doigts gelés, rendant toute manipulation ardue après seulement deux minutes à l'air libre, les gants ayant préféré rester à la maison pour se tourner les pouces. Le trajet du retour se fit avec le chauffage au maximum (en mode "poêle à bois") et tout se termina bien puisqu'il n'y eut aucune amputation.
Cette histoire nous apprend qu'on ne doit pas se fier aveuglément aux prévisions des météorologues pour choisir comment s'habiller, car c'est à ce moment qu'on devient leur tête de tuque.

samedi 24 janvier 2009

Un verre de trop

On ne l'avait pas revu depuis une semaine. Sans vraiment le chercher, nous nous demandions où pouvait-il être passé... sans obtenir de réponse.
C'est un mardi soir de janvier, et les invités se retrouvent au salon pour un dernier verre, assis sur le divan vert. Rien ne laisse alors présager la disparition d'un des quadruplés. On les fait entrer à la station de lavage pour la nuit, sans remarquer son absence. La nuit passe et rien ne se passe, car elle est dans la lune. Le lendemain matin, on constate qu'il en manque un. On fouille la maison de fond en comble, sans succès. Inutile de l'appeler par son nom, il n'en a pas. Aucune violence, rien qui ne laisse supposer un enlèvement, pas même une trace de noix et/ou d'arachides.
Il faut aller travailler, les recherches se poursuivront plus tard... beaucoup plus tard... en fait, il n'y a pas eu d'autres recherches. 10 jours plus tard, des employés de la station de lavage le retrouvent dans la section supérieure, la tête à l'envers. Les préposés à l'entretien ménager l'auraient retrouvé on ne sait où, et l'auraient déposé là, gisant dans une mare d'Amanroulant. Pour l'instant, on ne sait toujours pas ce qui lui est arrivé. Son mutisme laisse place à l'imagination quant à cette semaine passée hors de son habitat naturel. Aurait-il été enlevé par une plante de salon, et camouflé par celle-ci? Il a peut-être fait une fugue et s'est aventuré trop loin, incapable de revenir par ses propres moyens. Ou bien il a été enlevé par des extra-terrestres alcooliques, venus pour siphoner nos réserves. À moins que ce soit dû à la drogue du viol?
La police croit tout simplement à un canular car il n'y a pas d'indices, mais cela reste à vérifier. L'enquêteur Fred Gidderr prendra la déposition du principal intéressé, mais demande l'appui de la population afin de résoudre cette affaire au plus vite. Les personnes présentes à la Maison-Blanche le 13 janvier dernier sont priées de se manifester.

mercredi 14 janvier 2009

Vivre et lessive ivre

Assez, c'est assez! Ça va faire deux semaines qu'il a envahi la chambre à coucher, et rien ne laisse croire qu'il va bouger de là tout seul. Il peut bien me donner toutes sortes d'excuses bidon, mais en réalité ce n'est qu'un tissu de mensonges qu'il invente pour justifier son état. Il n'a pas tellement la fibre aventurière, c'est pourquoi il s'incruste et grossit à chaque jour, devenant de plus en plus envahissant. Sa croissance est exponentielle, et même si on le traite de "gros tas", Todd Lyngh demeure inerte sur le plancher en attendant que quelque chose se passe, en position statique.
Mais ce temps est maintenant révolu! C'est l'heure du bain, et peu importe qu'il sache nager ou non, il va se faire passer tout un savon! Des jambes et des bras entremêlés qui se noient, brassés par un poteau frénétique. C'est le moment idéal pour mettre à exécution quelques chorégraphies assouplies par un cycle délicat de culbutes variées.
Oui Todd, tu vas repasser à chaque semaine mais en attendant, je sais que je vais te manquer...