dimanche 27 juillet 2008

Les trois mousquetons

Il paraît que l'homme descend du singe. Probablement que c'est vrai. Sûrement que c'est vrai. Ça doit bien être vrai, puisque c'est ce qu'on nous a appris. Sauf qu'il n'y a pas de singe en liberté au Québec. Mais beaucoup d'écureuils. Et quoi de plus agréable que de se prendre pour un de ceux-là, tant que ce n'est pas pour finir noyé dans une piscine. Attachés solidement à un câble et nous déplaçant d'un arbre à l'autre sans la moindre peur (enfin presque tout le monde), la hauteur ne semblait pas si impressionnante. L'activité idéale pour faire travailler certains muscles au repos ou sur la CSST, prendre du bon air (si on exclut certaines flatulences) et écouter le chant des oiseaux, le bruit du vent, ainsi que les rots de Monsieur Side. Et n'en doutez pas, ça résonne assez longtemps quand il y a de l'écho.
Le clou de la journée servait à tenir en place une plate-forme, alors on n'y a pas touché, juste au cas où. Mais la finale valait vraiment le détour: la descente en corde à linge, une épreuve où la moindre vitesse non contrôlée peut vous réduire en vieux chausson sec, tellement sec que ça ne vaut même pas la peine de le suspendre. Grâce aux gants qui nous sont fournis, les poteaux arrivent beaucoup moins vite et on ne risque pas de se faire épingler à l'arrivée.
Après 3 heures de singeries (ou devrait-on dire "écureuilleries"?), il fait bon revenir sur terre et se faire servir une bonne bière par la fille du maire-pompier-médecin-postier-cuisinier du village, surnommé "L'Homme de l'Est".

mardi 15 juillet 2008

Comme sur des roulettes

La journée s'annonçait tranquille, sans ombrage. Une virée à vélo, prévue depuis quelques jours, allait enfin se concrétiser. Quoi de mieux que de vérifier les prévisions météorologiques avant de s'aventurer en contrée éloignée. Alors que j'étais en pleine séance de rasage et lavage, la dame de la maison décida d'allumer la télé, histoire de bien prendre toutes les informations nécessaires à la connaissance du temps qu'il fera. Du temps sombre? Une éclipse solaire? Des feux de forêts? Non, c'est la télé qui vient de rendre l'âme, sans avertissement du genre "Convient à un public de tous âges". Je me précipite au sous-sol, le visage plein de crème à raser et complètement nu, afin de mieux constater l'état de la situation. Une rare survivante de l'époque des sélecteurs à roulette se consumait de l'intérieur, dans un écran de fumée à senteur de plastique fondu. Le temps de mettre quelques vêtements décents, et la tête brûlée était rendue à l'extérieur pour mourir à petit feu.
Quelques saucisses et guimauves sur la braise en guise de déjeuner (c'est cela qu'on appelait des "TV dinner" autrefois, si je ne m'abuse...), et nous voilàs partis à l'aventure, enfourchant nos vélos dans la joie et l'allégresse, sans oublier l'insouciance. Sur le chemin entre Chambly et Saint-Jean, les choses se corsent. Je sens une suspension s'installer à l'arrière... mais c'est le pneu qui dégonfle, d'où la sensation de molesse. Le moral aussi étant à plat, il fallait revenir sur nos pas. Par chance, deux Torontoises en voyage passaient par là, armées de tout l'attirail possible pour rendre un cycliste heureux et ce, dans toutes circonstances. L'une d'entre elles sortit sa pompe, prit ma valve et s'agita vigoureusement jusqu'à ce que ça devienne le plus dur possible. Prêt à continuer un petit bout, il ne fallait pas tarder car l'effet allait s'estomper rapidement. Il fallut tout de même marcher un peu avant d'arriver à la boutique de réparation, mais le retour à la maison s'est bien passé. Cette journée-là, on a eu la preuve qu'il était meilleur pour la santé de sortir pour brûler des calories, au lieu de compter sur un appareil pour le faire à notre place.

jeudi 3 juillet 2008

Bac ôté

Qu'est-ce qui est gros, bleu, a deux roues et un couvercle? Un bac de recyclage! Bravo!
Malgré sa robustesse, il ne peut toutefois pas faire le poids devant le VES, le Véhicule Extrêmement Supérieur. Pas moyen de venir à bout de cette version civile du char d'assaut. Malgré toutes les péripéties vécues par sa propriétaire dans les derniers mois, il tient toujours le coup et sa solidité fut encore une fois mise à l'épreuve.
C'est arrivé par un beau mercredi matin semblable aux autres. Un petit coup de pare-choc dans le côté, et voilà que le gros bleu se déplace comme le plus léger des cartons, je vous en passe un papier! Et qui doit débarquer du VES pour le récupérer? Eh oui... vous savez qui... Heureusement qu'il n'était pas brisé car il aurait probablement eu besoin d'une chirurgie plastique, mais il aurait fallu attendre qu'il soit à jeun, vide de tout contenu.
Ce qu'il faut retenir de cette histoire insignifiante (même si ça peut paraître farfelu), c'est qu'il faut aussi regarder en avant quand on recule.

mercredi 25 juin 2008

Le vieux routier

Ça fait beaucoup de route pour aller se bourrer la face, mais le trajet en valait la peine. Une orgie de nourriture digne de la période des Fêtes, sans la bûche de Noël toutefois. Heureusement que le voyage avec Chevy Chase nous brasse un peu, car ça aide à faire descendre tout ce remplissage. Mais c'est préférable de garder la bouche fermée: un refoulement peut survenir au moindre soubresaut. Outre cela, il y a plusieurs avantages à voyager tout en transportant la chambre à coucher, dont celui s'arrêter n'importe où pour dormir.
Quatre escales en quatre jours; 250$ d'essence; un moteur qui en redemande... Chevy Chase est le véhicule par excellence, le summum de la qualité selon les standards de 1984. Il est équipé de tout ce qu'une poule de luxe désire: poêle, chauffage, frigo, électricité, plancher de céramique, radio AM/FM/Cassette et fenêtres à manivelles. Et c'est mieux qu'un chalet, puisque le terrain n'est jamais pareil d'une fois à l'autre.
Ce sera le moyen de transport idéal pour les missions d'exploration de longue durée, qui sont plus difficiles à réaliser avec le VES (qui est toujours fonctionnel). Malgré son look rouillé, il impose le respect, et gare à ceux qui oseraient se moquer de lui! Il peut faire la leçon à bien d'autres, ça c'est garanti! Et ce ne sont pas quelques égratignures de plus qui vont lui faire peur, prenez-en bonne note. Si un jour vous regardez dans votre rétroviseur, et voyez en gros plan un paysage coloré avec une plage et des palmiers, tassez-vous de notre chemin!

mercredi 11 juin 2008

Euh...

Je ne pensais pas qu'elle serait de retour aussi rapidement. Je m'attendais au pire, compte tenu des circonstances. Pas moyen d'entrer en contact, la communication était rompue. Je savais pourtant qu'elle me reviendrait et qu'il me fallait patienter. En bout de ligne, elle a pris la bonne décisison. À force de la côtoyer tous les jours, j'ai pris goût à sa présence et elle me manquait déjà, même si elle n'était partie que depuis quelques heures. Un petit écart de conduite de sa part, mais je lui pardonne. Car c'est elle qui éclaire ma vie, qui me fournit un bon café le matin, me donne de l'eau chaude pour prendre une douche...
Maudit que je suis content que l'électricité soit revenue!!!

samedi 7 juin 2008

La petite nouvelle (suite)

Pas toujours facile, la vie de stagiaire à la Maison-Blanche! Même si les épreuves anticipées n'ont pu être mises en application durant le dernier mois, ce ne sont pas les imprévus qui manquent dans le secteur. En effet, le séjour semble se prolonger en raison de tracasseries administratives qui l'empêchent d'accéder au poste qu'on lui avait promis. Mais ce n'est qu'une question de temps, et le Président apprécie tout de même sa présence.
"Quand t'es né pour un p'tit pain, tu peux pas faire des sandwiches pour tout le monde". Cette phrase tout droit sortie de la bouche d'un collaborateur douteux résume bien la situation. Parce qu'en ce moment, c'est préférable de changer le menu car il n'y a pas tous les ingrédients. Le problème vient d'une mésentente juridique entre la secte des Disciples de Francoeur et certains de leurs membres, qui essaient de faire du trouble pour une question territoriale. Mais la Dinde et son frère le Jambon pourraient quand même remporter la bataille et conserver leur droit de résidence, si la Cour penche en leur faveur. Sauf que ce serait surprenant, puisqu'on se trouve en terrain plat ici.
Rappelons que les Disciples de Francoeur est un groupe très fermé, et n'y entre pas n'importe qui. Il faut payer le gros prix, et gare à ceux qui oseraient omettre de fournir leur contribution. Leurs membres proviennent de toutes les sphères d'activités, qu'elles soient légales ou non. Espérons que les événements ne se terminent pas dans la violence : c'est difficile de nettoyer du sang sur les murs... sauf peut-être pour des spécialistes du blanchiment.

samedi 31 mai 2008

Éco-tourisme

Fatigués des banales vacances dans le sud, ou des voyages en Europe? La Blue Trailer Corporation a la solution pour vous! Venez visiter la merveilleuse bourgade de Saint-Constant, nichée entre les champs et la future autoroute 30. Un tour de ville qui vous fera découvrir toutes les facettes (il y en a quelques unes) de cette municipalité située non loin de la ville la plus proche. Vous verrez toutes les traditions et coutumes de cet endroit enchanteur, en compagnie de nos guides expérimentés, et fiers de présenter leur milieu de vie aux touristes.
Le tour guidé commence par un chargement de débris de rénovations dans la remorque, à la pluie s'il vous plaît! Apportez un bon imperméable, car vous vivrez les conditions réelles dans lesquelles vivent ces gens au quotidien. Après avoir tout attaché, on est prêts pour le départ. Un trajet soigneusement étudié dans le but de vous en faire voir le plus possible: le bureau de poste, l'église, l'auto de police, et sans oublier le point culminant: la dompe municipale. Du haut du Mont Thicull , on peut en apercevoir le bas, et la vue est saisissante. C'est le moment du défoulement collectif, car il faut soulager la remorque de son fardeau. Dans un fracas de bois et de métal, tout s'entasse et s'entrechoque jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien à lancer.
On reprend place à bord du véhicule de service, et on circule dans le Canyon Saint-Constant, renommé pour ses sculptures de brique rouge et de vinyle beige. On se dirige ensuite à la boutique de Marcel, où vous pourrez acheter quelques souvenirs pour vos parents ou amis. Il y a beaucoup de choix à cet endroit, mais les lattes de bois sont très populaires, ainsi que les moulures en vinyle. Vous pouvez même y faire graver votre nom, moyennant quelques dollars supplémentaires. Cet avant-midi extraordinaire se termine par un petit-déjeuner chez l'habitant, qui en plus de vous recevoir chaleureusement, vous offrira un chandail sec pour vous changer. Tout cela pour la modique somme de 99,99$ par personne, pourboires inclus. Réservez dès maintenant, car les places s'envolent vite! Ne faites pas les poules mouillées...

jeudi 15 mai 2008

Mai quoi encore?

Des kilomètres de pistes cyclables à parcourir, des rues à prendre d’assaut, un été complet pour en profiter... et c'est parti! Ce n’est pas le temps de perdre les pédales, car la saison ne fait que commencer, et que ferait-on sans elles? Un tour de trottinette? Non merci! Une fois les mécanismes mis au point, plus rien ne peut arrêter un fanatique du deux roues à propulsion humaine. Ça fait un bon entraînement pour les jambes, et il est toujours bon d’aller prendre un peu d’air ailleurs. Le cardio-vasculaire n’est pas en reste, car dès que les premiers tours de pédalier sont effectués, tout le système s’enclenche, une réaction en chaîne s’ensuit et propulse la monture en avant. Quelques changements de vitesse, on est pris dans l’engrenage et il devient difficile de s’arrêter. Pas besoin d’apporter de lunch, il suffit d’ouvrir la bouche et on est certains d’avaler quelque chose… il faut juste être ouvert d’esprit et ne pas être dédaigneux des insectes. N’oubliez pas qu’il y a des gens qui paient pour ça! Une gorgée d’eau, ça aide à faire passer le tout.
Sur une piste cyclable, il faut être très prudent car les obstacles à éviter sont nombreux : les ados qui roulent en gang, prenant toute la largeur et qui ne s’écartent pas à votre rencontre, provoquant presqu’un face-à-face; les petits couples qui roulent côte à côte, monopolisant tout l’espace; les personnes en chaise roulante (ceux-là, on les tolère par pitié); les maîtres qui promènent leur chien et dont la laisse ne laisse plus de place; les amateurs de rollerblade qui prennent trois fois leur largeur en se déplaçant (une chance que les obèses n’en font pas, car le boulevard Taschereau serait congestionné). Pas facile d’éviter la catastrophe avec de telles nuisances! C’est quand même un bon moyen de se changer les idées, même si la patience est de mise face à ces parasites de la route verte.
Après une ballade à vélo, il n’y a rien de mieux qu’une bonne saucette dans la piscine, aussi froide l’eau soit-elle. À 66 degrés Farenheit, ce n’est pas chaud, mais quand même acceptable pour un 13 mai. Le record de la saison pour un trempage complet revient toutefois à un enfant de 6 ans, qui remporte la palme pour s’y être lancé le 10 mai à 62 degrés, malgré les quelques saletés présentes dans le fond. Heureusement qu’il n’a pas été aspiré par le drain de fond, car il serait resté pris dans le filtreur plein de sable. Il aurait fallu un backwash pour le sortir de là, et ce serait suffisant pour clore ce traitement choc.
Pour les gens trop occupés, le pédalo est une alternative qui permet de concilier ces deux activités, mais ce n'est sûrement pas la plus abondante en sensations fortes. À moins d'aller dans les rapides, mais dans ce cas il est inutile de pédaler et c'est risqué de renverser de sa bière. De toute façon, l'important ce n'est pas de gagner, c'est d'en profiter.

samedi 3 mai 2008

Participation à Fort Boyau

Quoi de mieux pour se détendre après une fin de semaine à New-York? Besoin de conseils? Voici une suggestion...
Alors c'est lundi, journée de congé dédiée au ramassage des derniers objets présents à l'extérieur du domicile situé au 10625 rue Hogue, Montréal. Avis aux voleurs : de nouveaux propriétaires s'installeront dans les prochains jours, ce qui veut dire qu'il y aura peut-être des choses intéressantes pour vous à cette adresse. Mais attendez qu'ils aient terminé de vernir les planchers, car vous pourriez rester collés au sol jusqu'à l'arrivée des policiers. Et maintenant que j'y pense, ce n'est pas très correct d'encourager les activités criminelles, surtout sur internet, alors SVP OUBLIEZ CE DERNIER PARAGRAPHE!
Revenons à nos moutons, ou plutôt allons-y car nous n'y étions pas encore rendus. Donc ramassage de choses diverses, dont un escalier de piscine. Tout était prévu dans les moindres détails pour retirer de l'eau ce mastodonte de la saucette-marche-par-marche. Un plan d'action qui tenait compte des moindres détails, calculé à la perfection. Tout ce qu'il fallait, c'est les bottes de Robert (celui que vous voulez), du duck tape et des pantalons imperméables de marque Cool, Man! achetés chez le Pneu Canadien. Le but du jeu: ramasser trois bloc de béton sous l'eau, en-dessous de l'escalier, et à la pluie par-dessus le marché. Les bas de pantalons bien tapés (prononcez "tééépés") sur les bottes, on peut commencer. Il faut être deux pour faire cela : un qui descend à l'eau et l'autre qui regarde, en attendant de pouvoir faire quelque chose. Celui qui un jour a dit "Gagne, gagne pas... fun, jouer, jeu!", eh bien il ne connaissait sûrement pas ce jeu-là.
Comme l'important c'est de participer, il faut se jeter à l'eau et essayer. Première marche: pas d'eau. Deuxième marche: de l'eau aux chevilles. Troisième marche: de l'eau au milieu de la botte, les pieds sont toujours au sec. Dernière marche: on touche le fond, l'eau pénètre, je flotte dans mes bottes. Le niveau d'eau me caresse subtilement l'entre-jambe. Et la pluie forte qui nous tombe dessus ne fait rien pour améliorer la situation. La chasse au trésor s'amorce. Dans une eau brune agrémentée de feuilles mortes de l'automne dernier, il faut y aller à tâtons pour trouver un premier morceau, puis un autre, tout aussi visqueux que le premier. On tente un premier soulèvement et oh! Surprise! Un troisième bloc qui bloque la remontée. Le dernier mais non le moindre. Plus difficile d'accès que ses prédécesseurs, il faut allonger le bras un peu plus loin pour l'atteindre. Assez loin pour sentir un mini-tsunami dans les parties, qui à ce moment rétrécissent j'en suis certain. Je fais vite, saisis le retardataire, et c'est dans la poche! Suite à cela, il fut aisé d'effectuer le levage. Pas besoin de me convaincre longtemps pour sortir de l'eau, même si j'étais enfin saucé et que j'aurais fait quelques longueurs si j'avais eu le temps. Il fallait remonter sur le patio pour rencontrer la Mère Fourrhabb et répondre à son énigme, afin d'obtenir la fameuse clé. La question: "Utile pour les déplacements à grande échelle, il ne faut pas qu'elle perde la boule si elle désire atteindre sa destination, car elle a tendance à être suiveuse". Réponse: la remorque, dans laquelle elle aurait certainement pris place pour le retour à la maison, si elle m'avait dit "Hop! À la mer!".
Un gros merci à Jean pour les vêtements de rechange. Cette journée-là, on a aussi appris qu'il est plus confortable d'être au sec et puer le moisi que d'être mouillés mais sentir bon.

lundi 28 avril 2008

Chroniques new-yorkaises

Premier matin...
Après un trajet d'autobus rempli de monde et de noirceur, nous voici enfin au coeur de la Big Apple, (ou en bon français: la grosse pomme), en ce vendredi matin. C'est le temps de temps d'enlever une pelure, car la journée s'annonce chaude. Après une visite à l'Édifice de l'État de l'Empire, notre état empire car la fatigue nous gagne. Huit heures de route nocturne et la rencontre de sympathique douaniers, ça use les neurones mais à une heure on aura notre chambre. En attendant, c'est la détente à Bryant Park, le temps de siroter un café glacé de chez Stabeurck. La grosse vie sale à l'amaricaine.

Un peu plus tard...
Après tergiversations et erreurs de la part du personnel hôtelier, nous prenons possession de notre chambre avec superbe vue sur un mur de briques de teintes variées. Ça tombe bien, car après avoir vu Central Park, on finit par se lasser des espaces verts et des lilas en fleurs. Un petit verre dans un pub, pub besoin de plus, et une sieste bien méritée, c'est l'idéal pour des cons pressés qui veulent tout voir.

Le lendemain...
Après un bon souper et 12 heures de sommeil, le samedi s'offre à nous et la ville nous déroule ses trottoirs dans toute sa grandeur. Il n'en tient qu'à nous d'y user nos semelles au hasard de nos pas, en autant qu'on se mêle de nos affaires. Il fait chaud sur Broadway, mais un peu plus frais à Ground Zero, c'est la saison qui est comme ça. Les cafés Stabeurck sont de bons endroits pour marquer notre territoire, ce que nous faisons à mesure de nos déplacements et des divers liquides ingurgités. L'occasion était bonne pour un peu de shopping, mais Madame trouva l'aubaine miracle sur la 34e rue, à la toute fin de l'après-midi.

Samedi soir...
Après un petit tour à l'hôtel pour les préparatifs, nous sommes de retour dans les rues, métamorphosés. Tel deux big shot new-yorkais, nous allons rejoindre les amis pour une croisière et un souper, gracieuseté des nouveaux mariés. Un peu d'attente sur le quai, mais rien de grave sinon qu'il faut surveiller les balles de golf qui dévient de leur trajectoire. Tout compte fait, il vaut mieux se tenir loin d'un terrain de pratique, aussi bien clôturé soit-il. C'est l'heure de l'embarquement. Avec nous tous, la croisière s'amuse et la liberté nous envahit malgré notre statut de touristes. L'eau a coulé sous les ponts, mais il est préférable de rester sur le pont si on veut revenir bien secs au restaurant. Une belle soirée avec nos nouvelles connaissances, une petite marche vers l'hôtel et un dernier dodo au son de la ville qui ne dort jamais.

vendredi 18 avril 2008

La petite nouvelle

Le printemps vient de se pointer, mais il n’arrive pas seul. Avec lui s’amène une nouvelle résidente dans le quartier, attendue depuis quelques mois déjà. Afin de bien s’acclimater à la vie de banlieusarde, elle séjournera d’abord à la Maison-Blanche pour un stage d’environ 6 semaines, avant de s’installer définitivement dans le secteur. Mais elle devra réussir toutes les épreuves qui lui seront imposées par le Président, qui pour cette fois ne lui laissera pas le choix. Elle devra prendre l’habite... l’habitude du travail bien fait et éviter les scandales en tous genres... j’en reparlerai une autre fois.
Une formation multidisciplinaire lui sera offerte, abordant différents sujets tel que l’entretien de la piscine sans tourner en rond, l’utilisation d’une souffleuse à neige à 7h le matin (si les conditions le permettent), le débouchage de toilette à mains nues (elle en aura marre de tout ça), et la survie en haie de cèdre (c’est drôlement instructif). Sans oublier l’ultime test d’orientation méga-extrême, au cours duquel elle sera abondonnée au fond du terrain et devra en parcourir les 5000 pieds carrés à la recherche de la maison. Tout cela sans boussole ni GPS, avec comme seule référence un certificat de localisation datant de 1973, très endommagé.
Tout sera mis en oeuvre pour juger le potentiel de notre candidate, mais elle devra maîtriser la situation si elle veut réussir. Car les imprévus se dresseront sur son chemin à la moindre occasion. Le cri des tondeuses sauvages viendra-t-il à bout de sa patience? La musique des voisins affectera-t-elle sa tranquillité d’esprit? Sera-t-elle attaquée par la Chauve-souris? Réussira-t-elle à traverser la rue sans se faire frapper par un jeune à la casquette à l’envers, dépourvu de tout sens civique? Des questions auxquelles nous aurons les réponses dans les semaines à venir...
Alors, es-tu prête, ex-citadine? Si t’as dit non, ça commence mal parce que tu devras dormir dehors sur un banc, lieu préféré des sans-abris. Tu mérites mieux que ça...

dimanche 13 avril 2008

Sortie culturelle

C'était fort réussi pour une soirée-spectacle bénéfice. Sir Wilfrid Laurier et la Reine d'Angleterre étaient là entre autres, un peu froissés par tant de familiarités, ainsi que l'ours, qui n'avait pas l'air d'être là seulement pour boire du caribou. Il y avait beaucoup de monde, surtout des hommes au banc d'essai, de fins observateurs venus sortir les gros billets pour encourager de pauvres femmes qui peinent à joindre les deux bouts. Certaines font tellement pitié qu'elles n'ont même pas de vêtements. D'autres souffrent telllement de malnutrition qu'elles doivent se manger entre elles. Pas facile de vivre au sein de la métropole, cet environnement malsain qui s'imprègne chaque jour du poids de la misère et qui ne simplifie vraiment pas la vie de ces cinquante saintes créatures. C'est pour cela qu'il fallait un investissement massif. Un participant a même proposé l'érection d'un monument en leur honneur, mais on ne peut pas s'permettre ça. Aucune d'entre elles ne va geindre, mais l'une d'entre elles a déclaré: "Nous ne sommes pas là pour festoyer, car il faut s'impliquer". Et saloperie du temps, mais rien ne s'améliore pourtant, puisque la soirée s'achève déjà. Une barre de chocolat et un morceau de papier à main pour la route, nous sommes prêts à rentrer... à la maison évidemment. Heureusement que Peaks était là pour nous ramener sains et saufs, parce que nous n'étions pas assez solides sur nos pieds pour éviter les trous, à moins de s'écarter suffisamment, mais c'est à ce moment là qu'on craque et qu'on enfile dedans, les jambes en l'air. Parce que quand on veut voir des poules, il faut s'attendre à visiter leur nid.

jeudi 10 avril 2008

Générosité involontaire

Un casier sans cadenas, disparu, abandonnant tout ce qu'il contenait. Tout sauf l'essentiel: mon identité. Perdre la carte (ou plutôt les cartes) et la notion du temps... quoi de pire? Un nom qui disparaît, des numéros à la merci d'une main malhonnête. Qui a bien pu faire ça? Que s'est-il passé? Des questions qui resteront sans réponse, malheureusement. Non, il n'est jamais agréable de se faire voler quelque chose, aussi minime soit-elle.
Une fois que tout est réglé, on passe par-dessus, mais la méfiance augmente. Achat d'un plus gros cadenas, renouvellement des diverses cartes... remplacement de la montre suisse et la vie suit son cours.
Ce n'est souhaitable à personne, sauf peut-être à ce lâche qui s'en prend aux honnêtes gens. Le destin se chargera bien de le punir. Peut-être qu'il s'empoisonnera avec la nourriture achetée avec ma carte de crédit. Ou encore la montre se déréglera, il arrivera en retard à un rendez-vous qui bousillera sa carrière, perdra son emploi et sera ruiné, sa femme le quittera et ses enfants le renieront, il devra vivre dans la rue et sombrera dans l'alcoolisme, et un jour la police le retrouvera dans une ruelle par un froid matin d'hiver, inanimé, les veines tranchées avec une bouteille de vodka cassée... Non, c'est stupide! Il recommencera probablement avec d'autres, s'enrichira et s'achètera une grosse maison, roulera sur l'or et non en Fodge Léon, ne paiera pas ses impôts et vivra de l'aide sociale sous plusieurs noms. Et pour ce coupable, le casier du vestiaire ne deviendra jamais judiciaire.

lundi 7 avril 2008

(Publi-reportage)

Le Newtown Grill - Une entreprise bien de chez nous...
Après avoir dormi au gaz durant tout l’hiver, il est enfin de retour dans les parages. Oui, c’est bien vrai : le poêle barbecue a repris du service depuis le 6 avril dernier, après un long séjour de presque six mois dans le garage. Assis entre deux chaises pendant tout ce temps, il commençait à s’ennuyer de l’animation estivale du patio, qui fonctionne "à planche" lors des journées ensoleillées. De plus, Bobonne a sorti les bonbonnes et leurs valves valent vraiment la peine d’être dévissées.
Comme l’an dernier, l’accueil se fera sur invitation seulement, mais bien entendu vous avez le droit de vous inviter. C’est d'ailleurs ce qui a fait la renommée de notre établissement. Déjà nous prévoyons qu’une bonne brochette d’invités franchira notre clôture dans les prochains mois.
Des morceaux de viande à faire saliver le plus baveux des voisins, une odeur attirante pour quiconque circule sur la rue, des burgers à faire rougir de honte n’importe quel clown américain… bref, un incontournable pour tous les sens (sauf le toucher, peut-être, mais chacun ses goûts...). Sans oublier Louis, car ce dernier aime bien entendre siffler les saucisses "all-dog" à qui on inflige des brûlures au 2e degré. Un menu qui variera à chaque semaine, passant des classiques patates aux innovations Newtownesques qui ne sont même pas encore à l’étape de conception. La croustade aux pommes fera peut-être un retour en force, à condition que le monsieur du gruau Quicker puisse être des nôtres mais c’est Réal, son patron, qui décide. Un choix de repas végétariens sera disponible pour les légumes, des portions réduites pour les petits appétits, et si vous préférez manger des graines ça peut s’arranger en autant qu’on sème.
Tout ça au Newtown Grill, dans un estomac près de chez vous…

samedi 5 avril 2008

La Chauve-souris

Est-ce qu'une chauve-souris peut vivre au grand jour, à la clarté? On dirait que oui, du moins dans mon quartier. D'un pas précis et calculé, l'air sérieux et décidé, elle sort de son sous-sol et parcourt la rue jusqu'à l'arrêt d'autobus, armée de son fidèle parapluie qui lui tient compagnie lors des orages, mais aussi lorsqu'il neige. Une chance qu'elle porte un manteau noir, parce qu'en hiver elle se ferait ramasser par la gratte, c'est certain: son teint blanchâtre lui permettrait de se confondre à merveille avec les falaises de neige. Normalement, on dirait qu'elle est "blanche comme un drap", mais puisque les miens ont un motif à carreaux bleus et blancs, l'expression ne fonctionne pas. Et tant mieux, parce que des draps blancs me feraient trop penser à elle, et chaque nuit serait cauchemardesque rien que d'imaginer qu'elle m'enveloppe d'un sommeil profond, m'étouffant de ses os rayés comme des côtes sans chair.
Chaque jour de la semaine, et parfois même les samedis et dimanches, elle se rend au centre-ville, probablement pour y travailler à la Croix-Rouge. La couverture parfaite pour une vampire à l'apparence inoffensive. Si c'est le cas, elle est sûrement affectée au département des tests de sang. Assoiffée d'hémoglobine, elle peut ainsi faire des heures supplémentaires, car c'est une question de survie. Il faut bien payer l'épicerie, non?
Sinon, on peut supposer qu'elle travaille dans une banque et passe la journée à déchiqueter du papier. Ou encore qu'elle lèche des timbres en quantité industrielle, ce qui aurait fait en sorte que sa bouche ne puisse plus ouvrir.
Il y a de ces gens qu'on ne connaît pas, et pour lesquels on peut imaginer toutes sortes de scénarios possibles. Probablement qu'on fait erreur dans 90% des cas, mais il reste quand même une possibilité de détenir la vérité. Dans le cas ci-présent, il faudrait réussir à la faire rire: on verrait enfin si elle a des dents normales... En fin de compte, je pense que ça ne m'intéresse pas de le savoir. Après tout, elle ne fait mal à personne. Et je préfère éviter le trouble, on n'est jamais trop prudents.

dimanche 30 mars 2008

Et la lumière fut

Réunis chez des illuminés avec qui le courant passe bien, il fallait couper ce dernier pendant la fameuse Heure de la terre. Dans ce loft branché de la rue Hutchickenson, aucune source d'énergie autre que la présence humaine ou animale. Quelques chandelles en guise d'éclairage, et le reste du monde n'existe plus. Bien "groundés" et pas trop éméchés: impossible de perdre le fil du temps. L'heure achève, mais on s'en fiche. Il ne faut pas lâcher prise, c'est pour une bonne cause.
21h : Clic! il fait clair, vive la lumière!

Le hic de la soirée

À chaque fois, il arrive comme un cheveu sur la soupe. Vous ne l'avez pas invité, mais il entre quand même, saisissant la moindre occasion de se faire remarquer. Il entre par la bouche, dégoût oblige, et profite d'une simple brèche pour s'infiltrer. Entre une bouchée de pizza un peu trop grosse, et une gorgée de bière avalée de travers, un refoulement est à prévoir. Voulez-vous un bon tuyau? Laissez le temps faire son oeuvre. Chacun y va de ses conseils farfelus pour s'en débarasser, mais rien ne fonctionne. Les crucifix et l'eau bénite, il faut mettre une croix là-dessus, tout comme les séances d'exorcisme. "Tant pis, il faut vivre avec", pensez-vous. Mais quand il commence à interrompre vos conversations, l'idée de le noyer commence à couler dans votre esprit... même s'il vous pompe tout votre air. Chaque phrase prononcée devient un exercice de diction. "Hos!... tie!... de!... ho!... cquet!... sale!".

dimanche 23 mars 2008

Avance, Hercule!

Vendredi Saint 2008... une autre mission, aussi secrète qu'insignifiante, se présente à l'équipage du Véhicule Extrêmement Supérieur (VES). Il fallait trouver des ravitaillements pour un oncle amateur de vin grec.
Une journée rayonnante, pas de neige sur les routes, pas de bouchon de circulation, que pouvait-il bien arriver? Les Dieux seraient-ils de notre côté cette fois-ci? Après quelques coups de téléphone, réservation et mise de côté, nous voilà rendus au Parthénon de la boisson, que dis-je, à l'Acropole de l'alcool! Facile: une petite caisse nous attendait sur le comptoir. "Ces douze bouteilles venues d'Athènes atténuent la soif", nous dit-on. "Un baklava avec ça?" Comme dans toute histoire où les personnages vont quelque part, il fallait repartir. À l'extérieur, rien qui ne pourrait menacer notre réussite. Pas de gardien de sécurité d'hôpital en vue... la voie est libre: le VES nous attend dans le stationnement. Chargement de la cargaison, embarquement de l'équipage, démarrage, on attache notre ceinture. Le bras de vitesse en position "R"... on amorce la manoeuvre... et PÂQUES!
Tiens donc! Une auto dans le rétroviseur, et elle est drôlement proche. Heureusement, rien de cassé. Plus question de faire marche arrière. Il fallait maintenant aller de l'avant, car même si c'était pour rendre service, nous n'y étions pas allés à reculons.

mercredi 19 mars 2008

Ainsi fond, fond, fond...

Oui, l'Hiver est triste... la preuve: il pleure ce soir. C'est dommage, parce qu'après avoir fait le bonheur des amateur de sports extérieurs, voilà qu'il détruit tout ce qu'il avait accompli dans les derniers mois. Adieu glace, flocons et tempêtes! Tant de précipitations qui iront se dissoudre dans la nature. Tout cela à cause d'une dépression découlant d'un événement inévitable: l'arrivée du printemps. À quelques heures de la fin de son contrat annuel, l'Hiver ne peut toujours pas se résoudre à s'en aller. Et n'oublions pas qu'il n'a pas toujours été blanc comme neige... Il sait que le Printemps a déjà commencé à s'installer subtilement... très subtilement. Car dans les moments de faiblesse de la saison froide, le jeune et fringant Printemps aime bien donner un avant-goût de ses services, pas toujours au bon moment par contre (il a toujours eu la tête dans les nuages, c'est connu). Mais le combat n'est pas terminé: l'Hiver ne se laissera pas chauffer la couenne par le premier rayon de soleil venu, soyez-en certains! Il finira bien par se fondre dans la masse, mais il n'a pas dit son dernier mot. Le Printemps a de bons alliés, mais selon le témoignage d'un lièvre rencontré au hasard d'une promenade dans le quartier, la tâche ne s'annonce pas facile cette année. Ce dernier ne pouvait pas en dire plus, car il devait retourner à son terrier pour terminer son hibernation (il n'était sorti que pour aller au petit coin). De toute façon, on se doute bien de ce qui s'en vient. Ce sera un combat à finir, où toutes les précipitations seront permises. Chacun usera de ses forces spécifiques pour manipuler les éléments à sa guise. Au final, qui l'emportera? L'Été, voyons! Et quoiqu'en diront tous les MétéoMédiocre et autres Hell-CN de ce monde, ce ne sera pas l'apocalypse. Après tout, on n'est pas nés de la dernière pluie, comme dirait l'autre!
En terminant, un conseil pour passer à travers: allez prendre l'air. Aucune excuse valable. S'il y a trop d'eau, mettez les bottes de Robert, et allez vous promener avec lui!

mardi 18 mars 2008

Avis de décès

Est décédé à l'âge de 12 ans et 10 mois, de cause naturelle, celui qu'on surnommait "Général Électrique". Après une carrière de messager dans l'armée, il prit une retraite paisible dans une résidence privée de la Rive-Sud de Montréal. Il continua quand même à aider la communauté bénévolement et ce, jusqu'à son dernier souffle. Sa passion pour les communications était telle, qu'il ne pouvait concevoir un arrêt complet de travail. Bien qu'il n'avait plus une voix aussi puissante qu'auparavant et qu'il ne fut plus aussi vite sur le "piton" que dans son jeune temps, il était très apprécié de ses interlocuteurs. Ses ex-collègues l'ont toujours respecté, et il leur rendait la pareille. Excellent imitateur, il pouvait reproduire à la perfection toutes les voix qu'il entendait, sauf qu'à la longue, on pouvait croire qu'il nous rejouait toujours la même cassette.
Son décès a été constaté il y a quelques jours, en raison de l'absence de signes vitaux. Voyant qu'il avait perdu le fil, on décida de le débrancher, puisqu'il ne répondait plus à l'appel. Après tout, il fallait bien lâcher prise.
La dépouille sera exposée lundi prochain, au bord du chemin. N'envoyez pas de fleurs. Vous pouvez toujours essayer de téléphoner, mais il n'y aura peut-être pas de réponse...

mardi 11 mars 2008

Retour compliqué pour un aller simple

Il en a fallu du temps pour retourner à la maison, ce soir là. Après une partie de volley-ball, il est agréable de pouvoir rentrer à la maison pour manger, se laver, relaxer et toute autre chose qui finit en er. Alors que nous arrivions dans la joie à la station de métro, tout en suçant des pastilles... "mais que se passe-t-il ici?". La station est pleine à craquer, et les wagons bleus s'arrêtent devant nous. Le temps d'embarquer, et la voix qu'on n'aime pas entendre nous annonce une interruption de service. Découragés mais résignés, nous revoilà sur le quai. Que faire? Attendre, alignés comme du bétail, que la charette ne revienne nous chercher? Meuuuh non! Prendre un taxi? Peut-être, mais quand t'as qu'six dollars en poche, ça ne mène pas loin. Simuler une crise d'épilepsie? Un mot qui fait peur... non, c'est risqué de se cogner, et pis le psy nous poserait trop de questions. C'est alors que nous avons vu la lumière au bout du tunnel : il faudrait faire un bout à pied, un autre en autobus, et le dernier à pied. Pas mal, pour deux boutte-en-train comme nous!
Une petite marche jusqu'à l'arrêt d'autobus, le temps de plaquer les passants rencontrés en chemin, et nous voilà à bord. Un trajet agrémenté d'une symphonie de toux et d'éternuements provenant de toutes parts. Sans compter quelques commentaires insignifiants, sortis de la bouche d'une frustrée portant un manteau de fourrure. Elle aurait mérité de se faire empailler, mais je n'en fis rien. Après tout, j'avais déjà assez de mes journées à remplir, pas besoin d'elle en plus.
Enfin descendus du véhicule bondé, bon débarras, nous allions marcher la dernière étape, et tape là-dedans! Une course à obstacles à travers d'énormes monticules de neige, n'ai-je pas raison?
Bref, cette mésaventure terrestre fut bénéfique parce ça nous a fait prendre l'air. On est arrivés une heure plus tard, sauf qu'on n'était pas dans les maritimes.

dimanche 9 mars 2008

Belle-Soeur prise

La surprise fut réussie, en cette journée de la femme. Et Ti-Frère avait organisé un souper pour la fête de la sienne, Tite-Belle-Soeur. Elle ne se doutait de rien, du moins au début. Bravant la tempête, une vraie cette fois-ci, tous les invités affirmèrent être passés par hasard, empruntant des chemins hasardeux. Certains chanceux avaient réussi à trouver des tulipes, creusant sous la neige pour les dénicher. Manque de pot, il n'y en avait pas partout: les autres apportèrent des roses. De toute façon, tout le monde était là pour lui lancer des fleurs, alors vive la variété. Et ce n'était pas le temps de s'enfarger dans le tapis, qui de toute façon n'était pas fleuri.
Dignitaires de tous horizons convergèrent vers le domicile de la trentenaire, nouvellement courronnée à ce titre. L'importance de cet anniversaire n'était pas à négliger, car semble-t-il qu'on fêtait aussi la sortie de son nombril. Comme il n'y en a pas en nombre illimité, on se devait de souligner l'événement. En effet, Tite-Belle-Soeur a été désignée comme mère porteuse de la nouvelle génération de Newtown, version améliorée espérons-le, qui verra le jour à la fin de l'été 2008. Félicitations encore, et vive la reine de la soirée.

jeudi 6 mars 2008

Vie russe

Il s'installe dans tout le corps, combattant les anticorps. Sa première cible est le cerveau, et celui-ci en prend pour son rhume. Lorsque l'envahisseur s'y agrippe, il s'incruste pour mieux proliférer. Causant la congestion sur toutes les voies, il laisse sa victime sans voix. Pas moyen de s'en débarasser, c'est comme un locataire qui ne paie pas et en plus, il se met à faire du trouble. Commence alors la ronde des procédures d'éviction. Pilules, pastilles, sirop rose... au point d'en faire une cirrhose, ma foi! Même avec des vitamines, c'est difficile. Après quelques jours de cette médecine, l'indésirable bat en retraite, s'esquivant en douce par les cavités nasales. Et il s'en va, mou, choir dans un mouchoir.
Que je ne te revoie plus ici, sale morveux!

mercredi 5 mars 2008

Pâté chinois

L'idée a germé il y a de cela quelques années, à force de côtoyer plusieurs collègues de travail sur l'heure du dîner. Le déclic eut lieu vers le printemps 2004, et c'est à ce moment que je décidai d'entreprendre les procédures afin de réaliser mon projet, soit celui de me fabriquer un pâté chinois. Les débuts furent difficiles, il y eut des moments de découragement, mais l'objectif à atteindre était réaliste. Récit d'une ascencion vers de nouveaux sommets culinaires...
Il fallait tout d'abord cultiver des pommes de terre et du maïs, et faire l'élevage de boeuf. Sans compter le matériel à acheter, autant pour la culture et l'élevage que pour la cuisine. Les deux premières années furent un échec: la ville ne convient pas à du futur steak haché. L'année suivante, c'est le déménagement: enfin de l'espace pour la production! Mais il y eut encore une fois des embûches: un sol trop pauvre... j'étais dans le champ, et je devais continuer malgré des voisins qui épient tous mes faits et gestes. Le temps passa, mais comme je n'étais pas là, il revint plus tard. Au moment d'abattre mon bovin préféré, j'empruntai la souffleuse à neige de mon voisin. De cette façon, je lui évitais des souffrances inutiles et je sauvais du temps, puisqu'il serait déjà haché. Pas fou, hein? Bon, j'entends déjà protester les gens contre la crudité envers les animaux! N'en faites pas tout un plat, voyons! Pour ce qui est des légumes, j'allais faire comme au temps de mon adolescence: à la main (par "à la main", précisons ici que je fais référence à mon expérience de travail étudiant). Après toutes ces étapes, la préparation du repas fut aisée. Un seul incident, au moment de piler les patates. Le manche cassé après quelques mouvements de va-et-vient, j'ai dû terminer avec le bout qui restait, les mains éclaboussées (précisons ici que... ah! laissez donc faire!). Ensuite, empilage des ingrédients selon l'ordre établi, un petit séjour au four, et c'est prêt.

mardi 4 mars 2008

Le tapis

Exercice de visualisation:
Vous vaquez tranquillement à vos occupations dans la maison. C'est le soir et il fait noir. Sans que vous ne vous en doutiez, il vous guette du coin de l'oeil. Attendant patiemment le moment de vous surprendre, il se fait discret. Il ne laisse rien au hasard. Il suffit d'un moment d'inattention de votre part, d'une courte absence d'esprit, et vous ètes pris au piège. Se cache-t-il sous le lit? Il faut pourtant se coucher, c'est l'heure. Et après tout, les histoires de monstres, c'est pour les enfants! Le temps d'un détour à la salle de bain pour vous brosser les canines, vous baissez la garde, et il saute sur l'occasion. Au moment de sortir, vous éteignez la lumière et ouvrez la porte, faites un pas, BANG! C'est mou par terre et ça crie à votre contact... Tout se bouscule, vous basculez devant et tombez au sol en vous cognant le coude au passage. La maisonnée est en alerte, mais heureusement il n'y a rien de cassé. Un chien noir couché dans le noir... qui aurait cru qu'il soit capable d'une telle manigance?

dimanche 2 mars 2008

Pousse, mais pousse égal

Après avoir rassemblé les provisions nécessaires, l'équipage du Véhicule Extrêmement Supérieur (VES) partit à la conquête de l'Ouest, espérant y découvrir de nouveaux bancs de neige à défoncer. À son bord prirent place la propiétaire, aux commandes, ainsi que votre humble serviteur en tant que co-pilote (quoique ne connaissant pas exactement le chemin). Il y avait aussi deux autres moussaillons assis à l'arrière, qui ne servaient à rien pour le moment mais ils mettaient de l'ambiance. Il était préférable de les avoir en cas de besoin. Après tout, on ne savait pas ce qui nous attendait de l'autre côté de l'île... Hoooouuuuu......
Arrivés à destination, le véhicule s'enfonça dans du mou. Je débarque pour pousser, assisté d'un de mes subordonnés, et nous réussissons à stabiliser la position du VES. Nous pouvons enfin aller à la rencontre des habitants des environs. Ce qui s'est déroulé là-bas devant rester confidentiel, nous ne pouvons divulguer aucun détail à ce sujet puisque cela pourrait nuire à la sécurité nationale. Après quelques épreuves demandant habileté et concentration, nous devons nous en aller. La mission tire à sa fin. Au moment de remonter à bord pour le retour, la Commandante nous demande encore de pousser. Cette fois, il faut s'y prendre à trois et ça ne veut pas sortir. On pousse l'avant pour reculer; on pousse l'arrière pour avancer; on recommence; et la séance de masturbation motorisée se poursuit (si vous "m'autorisez" l'expression); on retourne à l'avant... "Ça irait mieux si j'enlevais le frein à main, hein?". Hilarité générale au sein de l'équipage. La Commandante n'est pas destituée de son poste, mais sa crédibilité est un peu affectée. Après ce petit incident, il fut aisé de sortir le VES de sa fâcheuse position. Une petite "pichenotte" et on était prêts à quitter les lieux, puisque personne ne manquait à "la pelle".
La preuve est faite: on peut tout surmonter, en autant "congère" notre stress. Pensez-y!

samedi 1 mars 2008

L'essai routier

Désolé Ti-Frère, mais je l'ai fait. J'avais promis que je n'utiliserais pas l'auto du débosseleur, mais je n'ai pas tenu parole. Après de multiples questionnements quant aux possibilités d'accidents, et au fait que le véhicule n'appartient ni à moi ni à l'autre, la pensée magique m'envahit et gagna la bataille: "Je serai prudent... Il faudrait que je sois vraiment malchanceux pour qu'il m'arrive un accident ce soir là en particulier".
Voici donc l'essai routier de la "Fodge Léon SX 2.0" de je ne sais quelle année(mais quelle importance?)... une présentation de "Fix Aux-Toasts":
Avec environ 61000 Km au compteur pour une auto d'environ 2 ou 3 ans, on est en droit de s'attendre à du presque neuf. Après un démarrage réussi du premier coup, on prend conscience qu'il y a un moteur, aussi bruyant qu'un tracteur à gazon. Espérons qu'il n'en a pas la lenteur, parce que sur la 30 en bas de 30, c'est un petit peu dangereux quand notre seul moyen de défense contre les conducteurs enragés est de leur "pitcher" de la pelouse par la trappe de côté. Et c'est très peu efficace, compte tenu qu'il n'y a pas de pelouse en hiver et que de toute façon, l'autoroute est en asphalte. C'est maintenant le temps de partir. Ajustements de routine, expérimentation des différents boutons, enfin on y va! Dès les premiers mètres parcourus, on a l'impression qu'on va perdre une roue. Suspension peu agréable, mais comme ce n'est pas de mon ressort, je ne m'y attarderai pas ici. Je ne suis pas encore sorti de mon quartier résidentiel, que déjà j'ai le goût de faire demi-tour. L'idée fait son chemin, mais finalement je décide de ne pas le rebrousser. Je m'ennuie de la maison, mais je persiste à me rendre à destination, avec succès. L'avantage avec cette voiture, c'est l'économie d'essence: on n'a tellement pas le goût de l'utiliser, que ça ne coûte pas cher.
Au retour, j'actionne le levier de vitesse en mode "lièvre", décidé à refaire le chemin en sens inverse le plus vite possible pour aller me coucher. Il commence à neiger, c'est joli et le paysage blanchit dans une douceur hivernale sans pareille. J'actionne les essuie-glaces... "comment on fait pour avoir du lave-vitre???" ... y a-t-il du lave-vitre???". Je deviens bleu, constatant l'absence du liquide de la même couleur. Je ronge mon frein, et celui-ci se met à crier inutilement à chaque arrêt.
Revenu à la maison sain et sauf, je me promets de rester fidèle à ma compagne de voyage des 6 dernières années, partie quelques jours en voyage d'affaires avec une remorque "You-Hole".

Les gants fatigants

Le 29 février 2008

-19 degrés Celsius à l'extérieur, en ce vendredi matin. Dernier jour de la dernière semaine de février. Je cherche mes gants de ski, arpentant toutes les pièces de mon château dans un désespoir grandissant. "Encore une fois", me dis-je, traumatisé par la perte d'un autre gant juste avant Noël. Décidé à retrouver ma protection hivernale contre les engelures de bouts de doigts, j'entrepris des fouilles archéologiques plus approfondies. Je me rappelai qu'ils ne m'avaient pas suivi dans Charlevoix, et mon petit doigt me disait qu'ils se cachaient tout près. Après tout, je ne pouvais pas imaginer qu'ils se soient rendus à Québec ou Sherbrooke sur le pouce. Examen minutieux de tous les sacs de voyage, sacs à skis, etc... rien qui ne ressemble à un 5 et demi pour mes amis. Il y a toujours les mitaines, mais c'est comme un grand loft: il n'y a pas de pièce fermée pour chacun, et on se retrouve tous un peu paumés à la fin.
Le temps presse. Plus une seconde à perdre. "Ma main? c'est pas ce que je cherche..." mais on se rapproche du but. Tiens, tiens... une pièce de 10 cents! Mince consolation. Tout à coup, j'entends du bruit. Frottement de fibres, velcro qui se recolle et se décolle. Ça vient du placard sous l'escalier. J'ouvre la porte et les surprends en flagrant délit: un trip à trois (ou devrais-je dire "trip à 6" ou encore "deux trips à 3" ?) avec les patins et une paire de bas de laine.
J'avais fait des pieds et des mains pour les retrouver, j'étais vraiment rendu bas, mais heureusement j'ai été vite sur mes patins.

Marcher sur des oeufs

Le 25 février 2008

Il faut croire que le boeuf bourguignon n'était pas suffisant pour combler nos appétits insatiables en ce lundi soir. Un goût de sucre en tête, nous décidons de partir en expédition, à la recherche des oeufs de Pâques. Vous l'aurez deviné (ou peut-être pas): on voulait manger des cocos "cap-beurré". Pas besoin de négocier avec la bonne femme... "Attelle le chien", lui dis-je, "c'est le temps d'y aller avant que le marché ne ferme".
Arrivés au marché, celui-ci venait de fermer. Déçus mais pas encore au point de se suicider, nous continuâmes la quête de notre récompense.
Deuxième arrêt: le marchand m'annonce que son lapin n'a pas pondu aujourd'hui, trop occupé à régler un conflit syndical. Il semble que leurs conditions de travail se soient détériorées dans les dernières années, et qu'ils soient victimes de stress. Qu'à cela ne tienne, il y en aura peut-être ailleurs...
Troisième arrêt: merveilleux! Un étalage garni du produit tant convoité nous attend... serait-ce des restants de l'année dernière? Peu importe, on n'est pas à une gastro près.
Retour à la maison, emballés à l'idée de déballer nos cocos.

Message laissé dans le livre de commentaires d'une maison louée à Charlevoix

Le 23 février 2008...

Quelle belle place! C'est incroyable d'avoir aussi chaud à si peu de frais. Merci aux grandes fenêtres qui illuminent nos journées. Le Massif est une belle montagne (même si je l'avais déjà vue...) et elle est agréable à skier, surtout en hiver. Je crois bien que nous reviendrons, mais ça dépend du prix de l'essence, et aussi du fait que je puisse conserver mon permis de conduire (parce que j'ai l'intention d'en profiter au maximum pour prendre un coup...). C'est aussi un bel endroit pour voir le fleuve, tout en regardant passer les bateaux. Ils ne sont "pas que beaux", ils sont gros aussi... Malheureusement (ou heureusement) je n'avais pas apporté mon maillot de bain. De toute façon, je n'ai pas trouvé la plage. Ce n'est pas grave, parce qu'on s'amuse comme des fous, probablement parce qu'on l'est vraiment.
Bref, nous avons passé un bon moment (en fait, plusieurs bons moments) grâce à ce lieu de rassemblement hors du commun. J'en suis tellement heureux que je commence à me demander si j'ai vraiment payé pour être ici, tellement je me sens comme chez moi. Tout le monde s'accorde pour dire que c'est un endroit idéal pour favoriser les rapprochements, surtout quand on est proche de l'évier de la cuisine. Sans oublier la nourriture, qui est excellente (mais ça, c'est pas mal grâce à nous...).
En gros, c'est ça qui est ça!
À la prochaine peut-être!
Et vive le pain doré!

Nuit du 23 au 24 février 2008

Ça alors! Quel "nightlife" incroyable que celui de Petite-Rivière-Saint-François! Après une insistance continue de la cousine, nous voici partis pour une soirée country à la salle communautaire du village. À "lasso" de la piste de danse, nous voilà en train d'essayer de suivre quelques cowboys homosexuels tapant du pied frénétiquement de gauche à droite. Après quelques tentatives infructueuses, ce fut peine perdue pour réussir mais on s'est bien amusés. Une chance qu'il y avait de la bière, parce que les vaches locales ne faisaient que "péter de la broue".
Une soirée qui restera "dans les annales".